CÉSARS : 3 récompenses pour Divines

Le film débute sur des extraits de la vie intime des deux personnages principaux sur un fond de Nisi Dominus RV 608 d’Antonio Vivaldi, une façon pour le spectateur de faire connaissance en douceur avec les jeunes Dounia et Maimouna, deux meilleures amies vivant dans une cité d’île de France. “Mes mains elles sont faites pour l’or car je suis la reine du monde !” : le ton du film est lancé. Le duo formé par Oulaya Amamra (Dounia) et Déborah Lukumuena (Maïmouna) est inspiré de Laurel et Hardy : “dans le paradoxe des corps, avec la petite gringalette qui rêve de puissance et la plus imposante qui n’est que douceur” selon la réalisatrice. 
Une remarque de sa prof en BEP accueil comme quoi elle n’arrivera à rien dans la vie déclenche en Dounia une rage de conquérir un monde auquel elle ne semble pas destinée : un monde de gloire, d’argent, de pouvoir. C’est ainsi qu’elle et son amie font la rencontre d’une dealeuse respectée de leur cité : Rebecca, interprétée par Jisca Kalvanda. Cette femme forte et indépendante les prends sous son aile et leur apprend les bases du métier. “Pourquoi les pauvres ils restent pauvres à ton avis ? (…) C’est parce que un pauvre il ose pas”. 

Ainsi le film raconte l’ambition d’une jeune arabe qui décide de ne pas rentrer dans les cases imposées par la société, en prenant comme modèle celle qui a réussi par elle-même sans l’aide de quiconque et qui a su s’imposer dans un monde “d’homme” sans se poser la question de si elle y avait sa place ou non.
Ce n’est pas un énième film sur les banlieues qui raconte à quel point c’est dur de s’en sortir et à quel point la vie en cité est difficile, bien que le sujet soit abordé inévitablement. On traite plutôt ici de l’ambition des jeunes qui s’y trouvent et qui tentent de réussir par les seuls moyens qui sont mis à leur disposition après avoir été abandonné par le système scolaire. La douceur de ce film réside dans la romance que vit la jeune fille avec un danseur, en parallèle de ses activités illicites. 
Ce sont les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises qui ont inspiré Houda Benyamina à réaliser ce film : “Mon besoin de créer vient toujours d’un sentiment d’injustice”.

Un tel film ne pouvait passer inaperçu ! En effet, celui ci a récolté plusieurs prix dont la Caméra d’or au festival de Cannes 2016, qui récompense les jeunes artistes pour leur première réalisation. Voici le discours d’Houda Benyamina à Cannes :

 

Après quatre nominations et un prix (mention spéciale SACD) à la Quinzaine des Réalisateurs et une nomination aux Golden Globes dans la catégorie “meilleur film en langue étrangère”, Divines a remporté trois prix sur 7 nominations lors de la 42ème cérémonie des Césars.
 
1) César du meilleur premier film pour Houda Benyamina
Après avoir réalisé plusieurs court-métrages, Houda Benyamina s’est lancé dans l’écriture de Divines, qui devait initialement s’intituler “Batardes”. Il lui a fallut des mois et des mois pour peaufiner le scénario, avec l’aide de Romain Compaingt. Le tournage a finalement eu lieu pendant l’été 2015.




2) César du meilleur espoir féminin pour Oulaya Amamra
Oulaya Amamra est la soeur d’Houda Benyamina, mais ce n’est pas ce lien de parenté qui lui a valu ce rôle. Elle s’est battu pour et a prouvé à toute l’équipe du film qu’ils avaient eu raison de lui faire confiance. Epoustouflante dans ce premier rôle, le cinéma français à vu naitre dans ce film un talent dont on risque d’entendre parler à nouveau.




3) César du meilleur second rôle féminin pour Déborah Lukumuena
J’ai particulièrement aimé ce discours rafraichissant et plein de vie, symbole de l’arrivée d’une nouvelle vague d’acteurs et d’actrices aux antipodes du cinéma français guindé, mais tout aussi talentueux.



Dans son discours, Déborah Lukumuena fait référence au discours d’Annie Girardet aux César de 1996 lorsque celle ci avait remporté le César de la meilleure actrice dans un second rôle. Son discours ci dessous.




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